Apprendre à s’écouter pour mieux réussir sa vie avec nathalie cariou

Vous avez l’impression de courir dans tous les sens sans jamais vraiment savoir si vous avancez dans la bonne direction ? Vous n’êtes pas seul·e. On vit dans une époque qui valorise la vitesse, l’efficacité et le résultat — au point d’oublier la voix la plus fiable qu’on possède : la vôtre. Ce n’est pas un reproche, juste une observation douce. Doutes, fatigue, culpabilité, ambivalence — tout ça parle. Et si, au lieu d’ajouter dix outils de plus à votre boîte, vous appreniez d’abord à vous écouter ?

C’est une révolution discrète, lente, mais puissante. Avec Nathalie Cariou, l’idée est simple : redevenir attentif à ses sensations, à ses désirs, à ses limites, puis laisser ces signaux orienter vos choix. Vous gagnerez en clarté, en sérénité, en alignement — et oui, en réussite. Ce n’est pas magique, c’est méthodique.

Je vous propose des clés concrètes, des exercices simples et des exemples réels pour pratiquer l’écoute intérieure au quotidien. Je partagerai aussi les pièges à éviter et des manières palpables d’installer l’écoute dans vos routines. Vous n’avez pas besoin d’attendre un grand moment pour commencer : un petit geste suffit. Vous êtes prêt·e ? On y va.

Pourquoi ce sujet est essentiel

Beaucoup confondent réussite et accumulation : plus de titres, plus d’heures, plus d’objectifs atteints. Mais ce modèle finit souvent par épuiser. S’écouter, c’est remettre la boussole au centre. C’est décider en conscience plutôt que par réflexe. C’est transformer la course en trajectoire.

  • L’écoute intérieure permet de repérer les signaux avant la crise : tension dans la nuque, irritabilité chronique, sommeil qui se dégrade. Ces signes corporels sont des messages, pas des punitions.
  • S’écouter donne du sens aux actions. Une journée bien remplie sans sens laisse un goût creux ; une journée plus légère mais alignée nourrit.
  • S’écouter améliore la prise de décision : vous choisissez moins sous pression et plus depuis vos valeurs. Résultat ? Moins de regrets, plus de persévérance.

Exemple concret : Marie, cadre dans une grande entreprise, croyait qu’augmenter ses heures la rapprocherait de la promotion. À force d’ignorer son épuisement, elle a perdu du goût pour son travail. En prenant le temps d’écouter ce qui se passait (fatigue, manque de curiosité, besoin d’autonomie), elle a redéfini son rôle et retrouvé énergie et efficacité — sans sacrifier sa vie personnelle.

Contre-intuitif : écouter ne ralentit pas forcément. Paradoxalement, écouter vous fait gagner du temps sur le long terme : vous évitez les choix qui vous détournent de votre cap.

Les clés pour aller mieux / progresser

Voici cinq clés pratiques, expliquées simplement, avec exemples et pièges à éviter.

Clé 1 — distinguer les voix intérieures : critique, pression sociale, intuition

Il y a souvent plusieurs voix qui s’expriment en vous : la voix du perfectionnisme, la voix des autres (famille, société, réseau) et la petite voix intérieure, souvent chuchotée, qui sait ce qui vous convient réellement. Savoir les nommer est le premier pas.

Comment faire : écrivez ce que chaque voix dit pendant 5 minutes. Donnez-lui un nom : « le Juge », « l’Expert », « la Boussole ». Puis relisez : laquelle apaise ? Laquelle panique ? Laquelle propose une option en résonance avec votre corps ?

Exemple : Claire entend souvent « tu n’es pas à la hauteur » (Le Juge) lorsque vient une tâche nouvelle. Mais après l’exercice, elle reconnaît aussi une voix calme qui dit « je suis curieuse, je veux essayer » (La Boussole). Choisir d’agir depuis la curiosité change la manière de se lancer.

Contre-intuitif : ce n’est pas parce qu’une voix est forte qu’elle est vraie. La voix la plus bruyante n’est pas nécessairement la plus légitime.

Clé 2 — reconnecter au corps : lire les signaux physiques

Le corps parle en sensations. Tension à la mâchoire, gêne dans l’estomac, respiration courte : ce sont des indicateurs précieux. Apprendre à les repérer, c’est se donner des points d’alerte fiables.

Technique simple : le scan corporel de 3 minutes — yeux fermés, portez attention à la tête, à la gorge, à la poitrine, au ventre, aux mains, aux jambes. Notez ce qui est tendu, froid, chaud, lourd. Pas besoin d’analyser, juste de constater.

Exemple : Marc, entrepreneur, avait des maux de dos récurrents. Il croyait que c’était purement physique. En pratiquant le scan, il a découvert que sa poitrine se serrait avant chaque appel client difficile. Prendre des pauses respiratoires avant ces appels a diminué les douleurs — le corps lui montrait précisément où intervenir.

Contre-intuitif : écouter son corps n’est pas céder à la facilité. C’est utiliser une autre intelligence pour faire des choix plus sages.

Clé 3 — installer des rituels d’écoute : fréquents, courts, non-jugeant

La discipline de l’écoute ne demande pas d’énormes sacrifices, juste des rituels simples et réguliers. L’intérêt : créer des micro-espaces où la clarté peut émerger.

Exemples de rituels :

  • Le « 3 minutes du matin » : respiration + question « Qu’est-ce dont j’ai vraiment besoin aujourd’hui ? »
  • Le journal du soir : noter 3 signes que la journée a été alignée ou non.
  • La marche sans téléphone : 20 minutes pour sentir les appuis, le souffle, la cadence.

Cas vécu : Leïla, étudiante, a commencé la « marche sans téléphone » deux fois par semaine. Ces marches lui ont permis de percevoir des envies de réorientation qu’elle n’aurait pas identifiées autrement.

Contre-intuitif : des rituels courts et réguliers sont souvent plus puissants que des « retraites » exceptionnelles. La répétition crée l’écoute.

Clé 4 — tester par petites expériences : l’approche laboratoire

S’écouter, c’est aussi tester. Plutôt que de prendre des décisions irréversibles basées sur des hypothèses, faites de petits pas expérimentaux pour vérifier ce que vous ressentez réellement.

Format : définissez une hypothèse (ex. « si je travaille 4 jours, je me sens mieux »), testez pendant 2 à 3 semaines, observez sans jugement, notez sensations et résultats.

Exemple : Sophie pensait qu’un changement de poste drastique était nécessaire. Elle a commencé par demander une mission différente pendant 6 semaines. L’expérience lui a donné l’information manquante : elle aimait la nouvelle responsabilité mais pas le rythme demandé. Elle a pu négocier des ajustements plutôt que de partir.

Contre-intuitif : souvent, l’action légère produit plus de clarté que l’attente prolongée. Vous n’avez pas besoin d’être sûr·e à 100 % pour commencer à tester.

Clé 5 — protéger son espace intérieur : dire non, poser des limites

S’écouter implique de défendre votre espace, votre énergie et votre temps. Poser des limites, c’est traduire l’écoute en actes concrets.

Technique : préparez une phrase courte pour dire non sans culpabilité : « Merci, je ne peux pas prendre ça maintenant. Je choisis de garder ma charge pour X. » Répétez la phrase jusqu’à ce qu’elle devienne naturelle.

Exemple : Nicolas, papa et salarié, acceptait toutes les réunions « parce que c’était important ». En posant une limite — refuser deux réunions par semaine — il a retrouvé du temps pour réfléchir et a finalement augmenté sa productivité.

Contre-intuitif : dire non rend vos oui plus crédibles et plus puissants. Ce n’est pas égoïste, c’est stratégique.

Ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui

Voici des actions immédiates, simples et testées pour commencer à vous écouter. Choisissez-en une, faites-la aujourd’hui, et observez.

  • 3 minutes de pause respiratoire : assis, calme, inspirer 4 secondes, expirer 6, répéter 6 fois. Notez une sensation.
  • Le journal des trois questions : « Qu’ai-je ressenti aujourd’hui ? Qu’est-ce qui m’a nourri ? Qu’est-ce que je veux changer demain ? »
  • Expérience de 7 jours : une petite variation (réveil 20 minutes plus tôt, silence avant les mails, dire non à une demande) et noter l’impact.
  • Scan corporel express : 1 minute pour repérer une tension, 1 action simple (étirement, boire, marcher).
  • Le non pratique : rédiger trois façons courtes de dire non, les pratiquer à voix haute.
  • Pause marche sans écran : 20 minutes en sentant les pas, l’air, les sons.

Ces gestes simples créent des fissures dans la routine où l’écoute peut s’installer. Ils demandent peu de courage mais beaucoup de constance.

Les pièges fréquents (et comment les éviter)

S’écouter n’est pas toujours évident. Voici quelques embûches courantes et des stratégies pour les contourner.

  • Confondre envie passagère et intuition : une envie peut être réaction émotionnelle; l’intuition revient et se clarifie. Solution : attendre 24-72 heures avant de décider sur des choses qui impliquent un changement important.
  • Chercher la perfection dans l’écoute : l’écoute n’est pas un critère moral. Parfois on ne l’entend pas. Soyez indulgent·e.
  • S’isoler sous couvert d’écoute : s’écouter ne veut pas dire se retirer du monde. Allez chercher des retours de confiance quand nécessaire.
  • Utiliser l’écoute comme excuse pour ne pas agir : l’écoute sert à éclairer l’action. Posez un petit test plutôt que d’attendre indéfiniment.

Exemple : un client (anonyme) utilisait la « recherche d’alignement » comme prétexte pour repousser un projet. Ensemble, nous avons transformé sa recherche en un test de 3 semaines qui a donné des données concrètes et finalement libéré sa décision.

Pour repartir plus léger : ce que vous emportez

Vous vous dites peut-être : « Tout ça, c’est beau, mais je n’ai pas le temps », ou « Et si je me trompe ? » — c’est normal. Ces pensées passent. Elles sont la preuve que vous êtes en train d’écouter quelque chose en vous : le besoin de sécurité. Et valider ce besoin, c’est déjà avancer.

Imaginez maintenant : moins de tension dans la nuque, des décisions qui sonnent juste quand vous les prononcez, des soirées où vous sentez que la journée avait du sens. Imaginez dire non sans avoir la gorge nouée, ou accepter un projet en souriant parce qu’il est réellement aligné. C’est ce que l’écoute produit — petit à petit, sans fanfare.

Rappelez-vous : la première action n’est jamais grandiose. C’est cette minute de respiration, ce refus clair, ce test de 7 jours. Ces micro-actes s’additionnent et changent la trajectoire. Vous avez le droit de commencer petit. Vous avez le droit d’être hésitant·e. Vous avez le droit de recommencer.

Alors maintenant : choisissez un geste, faites-le aujourd’hui, et observez la différence demain. Vous n’êtes pas seul·e sur ce chemin — et chaque pas que vous faites pour vous écouter rapproche la vie que vous voulez vraiment vivre. Prenez votre boussole, respirez, et avancez. La route s’éclaire à mesure que vous marchez. Applaudissez-vous pour ce choix : vous êtes en train d’investir dans la seule réussite qui compte vraiment — celle qui résonne avec vous.

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